----La cérémonie du thé est la quintessence du japon, tout y est dit, le raffinement, le goût du beau, la complicité avec la nature, un haut niveau artistique, le respect de l'autre, la méditation, la philosophie...
° Origines *
----C'est à la fin du XIIe siècle que le Thé arrive de Chine au Japon. Il n'était alors que très peu bu et les Moines Bouddhiste s'en servaient pour rester éveillés pendant la méditation. Puis petit à petit la cérémonie se répandit et, ce qui était un rituel, fut élevé au point de devenir un art, par les maître de la cour impériale.
----Le rituel s'accordait si bien avec l'idéal japonais que le chanoyu devint et reste aujourd'hui un événement intense dans la vie des Japonais.
* Cérémonie °
----Elle peut avoir lieu aussi bien dans le pavillon de thé d'un jardin japonais, toujours situé un peu à l'écart, dans un endroit ombragé, ou une maison de thé, une okiya. La dimension de la pièce répond à des normes très précises, la surface du sol est de quatre tatamis (rectangles tressés) soit environ neuf mètres carrés. Les invités entrent pieds nus, à petits pas (comme pour évoquer le clapotis des vagues sur un banc de sable) par une petite porte ou porte coulissante, Les couleurs sont sobres, s'harmonisent avec le vert du thé, le bois et le papier, évoquent la nature. Dans ce tokonoma, espace proposé à la méditation, une peinture à l'encre, une calligraphie, et un arrangement de fleurs, ikebana, sont toujours présentés pour être admirés, dans une pureté et une simplicité aussi grandes que possible. L'encens qui brûle ajoute des odeurs aux fleurs joliment disposées... Quant aux matières, elles sont nobles: fer, terre, bambou et si les formes des objets utilisés donnent l'apparence d'une certaine rusticité pour un oeil neuf, en fait la plupart des bols en céramique, chawan, sortent des fours de Seto, Bizen, Hagi, Imari (...), qui sont les producteurs des plus belles porcelaines japonaises.
----La cérémonie peut être appréciée de manière solitaire, mais l'une des bases du chanoyu est de convier des invités et d'avoir le plaisir de se réunir autour du thé.
Les deux personnes qui sont invités à participer à la cérémonie s'agenouillent en silence auprès du maître de thé, pendant que les autres regardent. Le maître commence soigneusement à préparer le Thé. Après avoir lavé les bols, il y met la poudre de thé, puis l'eau chaude. Il mélange méthodiquement avec un fouet de bambou. On note qu'aucun des mouvements opérés n'est laissé au hasard : la manière de mélanger, de prendre les objets, de les reposer... L'invité recevra alors son bol et remerciera le maître. Puis il pourra boire mais auparavant, il aura mangé un petit gâteau sucré qui laissera le goût de sucre au cour de la dégustation du thé. Il essuiera le bol à l'endroit où il a laissé la marque de ces lèvres et se plongera alors dans la contemplation de la tasse et des autres objets qui l'entourent...
----Ce cérémonial est tellement fascinant, que le public admire silencieusement. Il ne laisse évidemment pas de place à l'improvisation.
----De toute évidence, la cérémonie du thé est conçue non comme simple action de boire du thé, mais comme univers spirituel dans lequel le thé est apprécié en totale sérénité.
----Au XVIe siècle, le Japon souffre des guerres civiles et c'est à cette époque que les Japonais commencent à rechercher les voies d'une stabilité spirituelle et de la sérénité. Ce besoin de spiritualité entraîne le développement et le parachèvement des règles du chanoyu. En ce sens et bien que le thé soit originaire de Chine, c'est au Japon qu'il donne naissance à une activité esthétique.
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